بسم الله الرحمن الرحيم

Bismillahi r-Rahmani r-Rahim ,

« Louanges à Allah que nous glorifions, dont nous implorons aide et pardon, et nous cherchons refuge auprès de Lui contre le mal qui est en nous et de nos mauvaise actions.  Celui qu’Allah guide nul ne peut l’égarer, et celui qu’Allah égare nul ne peut le guider. J’atteste qu’il n’y a de divinité qu’Allah, Le Seul, L’Unique sans associé, et j’atteste que Mohammad est le Serviteur et le Messager d’Allah.

 «Ô les croyants, craignez Allah comme Il doit être craint et ne mourrez qu’en état de pleine soumission. »              

«Ô hommes, craignez votre Seigneur qui vous a créé d’un seul être, et a créé de celui-ci son épouse, et qui de ces deux-là a fait répandre (sur la terre) beaucoup d’autres, et craignez de rompre les liens du sang. Certes Allah vous observe parfaitement. »  

«Ô les croyants, craignez Allah et parlez avec droiture, Allah vous rectifiera vos actions et Il vous pardonnera vos péchés. Et celui qui obéit à Allah et à Son Messager, il réussira, certes, d’une grande réussite. »

Certes, la meilleure parole est le Livre d’Allah et la meilleure guidée est la guidée de Muhammad . Et les plus mauvaises choses sont celles nouvellement inventées, car toute chose nouvellement inventée est une innovation et toute innovation est un égarement et tout égarement est dans le Feu de l’enfer.» 

khoutbatou l hâjah , sermon par lequel le prophète saw commençait la plupart du temps ses assises.

As Salamou alaykoum wa Rahmatullahi wa barakatu.

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Islambul

Istanbul est le nom dévié et utilisé désormais à la place de son vrai nom Islambul. La vieille cité de Constantinople, qui doit son nom à son fondateur, l’empereur romain Constantin Ier, a été renommé Islambul par le Sultan Ottoman Mehmet II, après la conquête ottomane de 1453 , pour mettre en avant le nouveau rôle de la ville comme capitale de l’Empire ottoman. Ce nom est attesté et crédité par des écrivains contemporains au sultan Mehmed II lui-même.

Auparavant, la ville continuait de porter le nom de Constantinople.

Islambul est une expression turque qui signifie « là où l’Islam abonde » ou « trouve l’Islam » .

Certaines sources ottomanes du XVIIe siècle, comme Evliya Çelebi, décrivent Islambul comme nom turc courant à l’époque. Entre la fin du XVIIe siècle et celle du XVIIIe siècle, ce nom possède également un usage officiel.

Il y a beaucoup de Turcs qui se référent à ce nom plein de sens pour eux quand ils citent Islambul.

Le mot Istanbul n’a pas de sens particulier, il a été utilisé par le gouvernement d’Atatürk qu’en 1930.

Toutes les vieilles cartes, pièces, et lettres officielles prouvent que le nom officiel de cette ville était Islambul avant que ce monde impose le nom d’Istanbul.

Un bel exemple est cette pièce que l’on peut voir au British Museum, à Londres, et qui date de 1730, gravée en arabe « Frappée à Islambul en 1143 » sur une des faces.

Si vous visitez Islambul, vous pourrez y saluer un des pieux compagnons du Prophète saws, Abu Ayyoub Al Ansari raa :

Après son départ de Mekka, le Prophète saws, fut accueilli avec amour et dévotion par les Ansars de Médina. Ils témoignèrent leur attachement en lui réservant le plus chaleureux des accueils. Le Prophète saws s’arrêta d’abord dans les environs de Médina, où il séjourna plusieurs jours et commença par y construire une mosquée décrite dans le Coran comme  » la mosquée fondée sur la piété « At taqwâ« . ( S.Tawbah 9:108).

Ensuite, il fit son entrée à Médina sur sa chamelle, accompagné des chefs de la ville. Ils aspiraient tous à avoir l’honneur d’héberger le Prophète saws chez eux. L’un après l’autre, ils se mettaient en travers du chemin de la chamelle en l’invitant simplement :

 » – Viens chez moi, O Messager d’Allah !
– Laissez la chamelle, elle est guidée, répondait le Prophète saws ».

La chamelle continua à avancer et chaque fois qu’elle dépassait une maison, son propriétaire en était attristé et abattu, faisant ainsi naître l’espoir dans le cœur des autres Ansars…

La chamelle poursuivit de la sorte jusqu’à montrer une hésitation devant la maison d’Abû Ayyûb Al-Ansari. Cependant, après
un court instant, la chamelle repartit, le Prophète saws ayant relâché les brides. Rapidement, elle revint sur ses pas et s’arrêta au même point qu’au premier arrêt. Abû Ayyûb était transporté de bonheur…. Il sortit accueillir le Prophète saws avec un grand enthousiasme. Il se chargea de ses bagages comme s’il s’agissait du
trésor le plus précieux sur terre.

La maison d’Abû Ayyûb raa était répartie sur deux étages. Il vida l’étage supérieur de ses biens personnels mais le Prophète saws préféra rester au niveau inférieur. Le soir, le Prophète saws se retira au rez de chaussée et Abû Ayyûb au premier étage mais lorsque ce dernier ferma la porte, il dit à son épouse :
 » Malheur à nous ! Qu’avons-nous fait là? Nous sommes au-dessus du Messager d’Allah ! Peut-on marcher au-dessus de lui ? Ne sommes-nous pas un obstacle entre lui et la Révélation (wahy) ? Si c’est le cas, nous sommes perdus !  »

Dans le doute et l’indécision, le couple était complètement bouleversé. Ils ne s’apaisèrent qu’en se déplaçant vers la partie du bâtiment qui ne chapotait pas directement le messager d’allah saws et s’appliquaient également à longer les murs afin d’éviter de  » marcher  » sur le Prophète saws.

Le matin, Abû Ayyûb raa dit :
 » Par Allah, ni moi ni Umm Ayyûb n’avons fermé l’œil la nuit dernière ».
Le Prophète saws l’interrogea sur la raison de son insomnie et Abû Ayyûb expliqua alors son embarras d’être au-dessus de lui et sa crainte de gêner une révélation.

 » Ne t’inquiète pas Abû Ayyûb, dit le Prophète saws. Nous préférons
être à l’étage inférieur en raison du grand nombre de visiteurs ».

Plus tard, Abû Ayyûb raa racontait :  » Nous nous sommes soumis aux souhaits du Prophète saws. Toutefois, un soir, l’une de nos jarres s’est brisée et l’eau qu’elle contenait s’est répandue sur le sol. Umm Ayyûb et moi-même regardions l’eau. Nous ne possédions qu’un morceau de velours qui nous servait de couverture. Nous l’utilisâmes pour éponger l’eau de crainte qu’elle ne s’infiltre à l’étage du Prophète saws. Le lendemain matin, je suis allé trouver le Prophète saws et je lui ai clairement dit que je n’aimais pas être
au-dessus de lui. Je lui expliquais ce qui s’était produit la veille au soir. Il accéda à ma demande et nous échangèrent
d’étage ».

Le Prophète saws demeura chez Abû Ayyûb raa pendant environ sept mois, c’est-à-dire le temps de la construction de la mosquée à l’endroit désigné par la chamelle. Lui saws et sa famille raa emménagèrent dans les pièces mitoyennes à la mosquée.

Quel noble voisin pour Abû Ayyûb ….

Abû Ayyûb aimait le Prophète saws de tout son cœur ; de même, le Prophète saws lui vouait un amour profond. L’un et l’autre ne s’encombraient pas de formalités. Le Prophète saws considérait la maison d’Abû
Ayyûb comme la sienne. L’anecdote suivante permet de juger des relations qu’ils entretenaient.

Un jour, Abû Bakr raa sortit de
chez lui au moment le plus chaud de la journée pour se rendre à la mosquée. Il rencontra `Umar raa sur son chemin qui lui demanda : « Abû Bakr, quelle affaire te fait sortir à cette heure ? « .
Abu Bakr raa expliqua qu’il était sortit de sa maison car il avait terriblement
faim. `Umar était également affamé. Le Prophète saws vint les trouver et leur posa la même question. Il dit alors :  » Par Celui qui détient mon âme, seule la faim m’a fait également quitter mon logis. Venez avec moi ». Ils allèrent chez Abû Ayyûb al-Ansari.

 » Bienvenue au Prophète et à ceux qui l’accompagnent, les accueillit son épouse, Umm Ayyûb.
– Où est Abû Ayyûb ? s’enquit le Prophète ».

Abû Ayyûb travaillait dans une palmeraie non loin de là. Quand il entendit la voix du Prophète saws, il rentra précipitamment. Il souhaita la bienvenue à ses hôtes mais l’heure de leur visite l’étonna.
Abû Ayyûb avait, en effet, coutume de garder chaque jour une part
de nourriture pour le Prophète saws. Si le Prophète saws ne se présentait pas au bout d’un certain délai, Abû Ayyûb donnait la ration à sa famille. Le Prophète saws admit que ce n’était pas son heure habituelle.

Abû Ayyûb raa sortit chercher une grappe de dattes mêlant des dattes mûres et d’autres non.

 » Je ne voulais pas que tu coupes cela, dit le Prophète saws. N’aurais-tu pas pu cueillir que des dattes mûres ?
– O Messager d’Allah, s’il te plaît, mange des deux : du rutab (dattes mûres) et du busr (dattes pas complètement mûres).
Je m’en vais égorger un animal pour toi également.
– Dans ce cas-là, n’égorge pas l’animal qui donne du lait, mit en garde le Prophète saws ».

Abû Ayyûb raa tua une jeune chèvre. Son épouse raa, qui était meilleure cuisinière que lui, en cuisina la moitié et grilla l’autre
moitié. Une fois prêt, il présenta le repas au Prophète saws et à ses deux compagnons raa.
Le Prophète saws mit alors un morceau de viande dans un bout de pain et s’adressa à son hôte :  » Abû Ayyûb, porte cela à Fatimah. Elle n’a rien mangé de tel depuis des jours ».

Après s’être rassasié, le Prophète saws s’exclama :  » Du pain, de la viande, du busr et du rutb ! « . Les larmes coulèrent et il poursuivit ainsi :  » C’est une bénédiction généreuse à propos de laquelle vous serez interrogés le Jour du Jugement. Si on vous
en propose, mettez-y vos mains et dites bismillâh (Au nom d’Allah)
et lorsque vous avez terminé dites alhamdulillah alladhî huwa
ashba`ana wa an’ama `alayna » (Louange à Allah Qui nous a rassasié et Qui nous accorde Ses Bienfaits). Cela vaut mieux.  »

Ce sont là quelques épisodes de la vie d’Abû Ayyûb en temps de paix. Il s’est, par ailleurs, distingué au cours de sa carrière militaire. Il passait tellement de temps sur les champs de bataille qu’on disait de lui qu’il avait prit part à tous les combats du temps du Prophète saws à celui de Mu’awiyah à moins d’être engagé dans un autre combat.

La dernière campagne à laquelle il participa avait été organisée par Mu’awiyah et dirigée par son fils Yazîd contre Constantinople. Abû Ayyûb raa était alors un vieil homme de presque quatre vingt ans. Toutefois, cela ne l’empêcha pas de rejoindre les rangs
des soldats et de traverser les mers pour Allah. Peu après le début de la bataille, Abû Ayyûb tomba malade et dut se retirer. Yazîd vint le trouver et lui demanda :
 » As-tu besoin de quelque chose Abû Ayyûb ?
– Transmets mes salutations aux combattants musulmans et dis-leur :  » Abû
Ayyûb veut que vous pénétriez aussi loin que possible sur les territoires ennemis. Il demande que vous l’emmeniez avec vous et que vous l’enterriez aux pieds des murs de Constantinople ».

C’était là ses derniers mots…

L’armée musulmane repoussa les différentes offensives ennemies et finit par atteindre Constantinople. Elle accéda à la requête du Compagnon du Messager d’Allah saws, en l’inhumant aux pieds de la ville. Raa.

La Mosquée d’Eyüp, Eyüp Sultan Camii en turc, est située dans le quartier d’Eyüp et fut construite en 1458, soit cinq années après la reprise de Constantinople par les ottomans, sous le règne du sultan Mehmet II. La Mosquée d’Eyüp a été érigée en l’honneur d’Abu Ayyub al-Ansariy, qui mourra à Constantinople en 670, et qui est communément appelé Eyüp Sultan par les turcs. La Mosquée d’Eyüp constitue de ce fait l’un des plus importants lieux saints de l’Islam à Islambul…

Des musulmans

On rapporte qu’un homme parmi les khawarijs est venu voir ‘Ali (رضي الله عنه) et lui a dit : « Ô ‘Ali, comment se fait-il qu’avec toi, les gens font ceci et cela (comme péchés) alors qu’ils ne le faisaient pas avec Abu Bakr et ‘Umar ?»

Il lui dit : «car les gens à l’époque d’Abu Bakr et de ‘Umar étaient comme moi et les gens à mon époque sont comme toi ».

Et cela est vrai, on rapporte que ‘Abdullah ibn Marwan entendit des gens parler sur lui et sa façon de gouverner.
Il rassmbla alors les gens les plus honorables et les nobles du royaume et leur dit : « Vous voulez que je sois comme Abu bakr et ‘Umar, alors soyez, vous, comme les gens à l’époque d’Abu Bakr et ‘Umar afin que nous soyons comme Abu Bakr et ‘Umar».

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Omar Al Mukhtar, Le lion du désert, chef de la révolution Lybienne (رحمه الله) pleura lorsque son épouse mourut. Ils lui demandèrent : ❝Pourquoi pleure-tu ?❞

Il dit : ❝À chaque fois que je voulais rentré dans notre tente, elle levait le drap à l’entrée de la tente,

puis je lui ai demandé : « Pourquoi fais-tu cela ? ».

Elle répondit : « Je ne veut que tu t’incline devant personne si ce n’est devant Allah ».❞

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L’imam Al Awza’i (رحمه الله) dit un jour à un homme : ❝Je souhaite une maison à côté de ceux qui ne calomnient pas, qui ne détestent pas et n’envient pas les autres.❞

L’homme le prit alors par la main et l’emmèna au cimetière et lui dit : ❝Ceci est l’endroit !❞

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« Marche un mille, pour visiter un malade. Deux, pour réconcilier deux personnes. Trois, quand il s’agit d’honorer Dieu. »

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Le pouvoir de shaytan

Al-Quarchî a dit : J’ai entendu Sa’îd bn Sulaymân dire ce qu’il a rapporté de al-Mubârak bn Fudâla, de Al-Hassan qui a dit :

 » Il y avait un arbre adoré en dehors d’Allah. Un homme s’est présenté à cet arbre et dit :
Je vais, sans doute, couper cet arbre. Lorsqu’il alla couper l’arbre, Iblîs se présenta à lui sous l’apparence d’un homme.

Il dit : Que veux tu [faire] ?
Il répondit : Je veux couper cet arbre qui est adoré en dehors d’Allah.
Il dit : Si toi tu ne l’as pas adoré, celui qui l’a adoré ne te nuira pas.
Il répondit: Je vais le couper.
Satan lui dit : N’y aurait-il pas quelque chose de mieux pour toi que de le couper et que tu aies, chaque jour, lorsque tu te réveilles, deux dinars près de ton oreiller ?
Il lui dit : D’où me viendrait cela ?
Il lui dit : De moi.

Il s’en retourna alors et en se réveillant au matin, il trouva deux dinars près de son oreiller. Ensuite [le lendemain], à son réveil, il ne trouva rien. Il se leva, plein de colère, pour couper l’arbre.
Voilà que Satan se présenta à lui sous sa forme [première] et lui dit : Que veux-tu faire ?
Il répondit : Je veux couper cet arbre qui est adoré en dehors d’Allah le Très Haut.
Il dit : Tu mens ! Tu n’as pour cela aucun moyen.

Il s’apprêta à le couper, Satan le
jeta à terre et l’étrangla jusqu’à faillir le tuer. Il lui dit : Sais tu qui je suis ? Je suis Satan. Tu étais venu la première fois en colère pour Allah. Je n’avais aucun pouvoir sur toi. Je t’ai dupé avec deux dinars et tu les as laissés. Mais lorsque tu es venu en colère pour les deux dinars, j’ai eu le pouvoir sur toi. »

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📚Talbîs Iblis ( Ibn al-Jawzi )

📖Pages: 44-45

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En catimini …

En catimini, le 16 mai 1916, les accords Sykes-Picot sont signés entre Britanniques et Français, dépeçant l’Empire ottoman. Un siècle plus tard, la région est plongée dans un chaos total, posant la question d’une refonte des frontières devenues plus instables que jamais.
Le 16 mai 1916, en pleine Première Guerre mondiale, après des mois d’échanges épistolaires entre Paul Cambon, ambassadeur de France à Londres, et Sir Edward Grey, secrétaire d’Etat au Foreign Office, l’orientaliste et conseiller pour le Moyen-Orient au Foreign Office Sir Mark Sykes et le diplomate français François Georges-Picot signent le document qui va redéfinir les frontières du Moyen-Orient.

Dans un bureau de Downing Street, Paris et Londres se répartissent les provinces arabes de l’Empire ottoman alors rallié à l’Allemagne. Les accords Sykes-Picot sont tenus secrets avant d’être révélés en 1917 lors de la révolution d’Octobre en Russie, les bolchéviques découvrant une copie du texte dans les archives du ministère des Affaires étrangères.

Malgré les promesses d’indépendance faites aux Arabes, la France et la Grande-Bretagne découpent ainsi le Moyen-Orient : une zone rouge formée par la Mésopotamie est sous administration directe de la Grande-Bretagne tandis que la France s’approprie une zone bleue comprenant le Mont-Liban, la côte syrienne et la Cilicie. La Palestine est pour sa part internationalisée, Jérusalem étant une ville sainte pour les trois monothéismes.

Pour le reste, les Etats arabes indépendants gérés par les Hachémites sont partagés en deux zones d’influence et de tutelle : la zone A au nord revient à la France et la zone B, au sud, à la Grande-Bretagne. Cent ans plus tard, à l’exception de la Palestine et de la Transjordanie devenue Jordanie (la déclaration Balfour de novembre 1917 prévoyant la création d’un Foyer national juif), les lignes créées par les accords Sykes-Picot sont toujours en place, tant bien que mal. « Ces découpages territoriaux ont été d’une importance capitale puisqu’ils ont déterminé arbitrairement pour chacun de ces Etats sa superficie, sa configuration géographique, la structure de sa population, ses potentialités économiques, ses possibilités d’accès à la mer, l’identité de ses voisins*. »

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Des accords stratégiques

Les intérêts des Empires français et britannique à ces accords ne sont pas seulement énergétiques. Pour les Français, ils sont aussi culturels. Bien avant 1916, la France a une influence scolaire et culturelle considérable en Syrie, certains parlant alors d’une « France du Levant ». Pour les Britanniques, il s’agit d’intérêts stratégiques. Il leur faut absolument maîtriser le Moyen-Orient, passage obligé de la route des Indes. « Il fallait bien que ces deux empires s’entendent, et pas seulement dans la région. Donc, il y avait nécessairement un compromis à trouver », explique Jean-Paul Chagnollaud, directeur de l’Institut de recherche et d’études Méditerranée-Moyen-Orient (Iremmo). « La division du Moyen-Orient en plusieurs Etats n’était pas en soi condamnable : les Hachémites l’avaient envisagée dès le début en faveur des fils ainés de Hussein. Mais elle s’est opérée contre la volonté des populations », analyse l’un des plus grands spécialistes de la région Henry Laurens, professeur au Collège de France. Parce que les accords Sykes-Picot ont imposé des frontières à des populations qui en voulaient d’autres et que les Arabes ont vécu ces accords comme une trahison et une injustice. « Les Arabes ont dû s’y plier, poursuit Jean-Paul Chagnollaud, mais certains ont su y résister. C’est le cas des Turcs. »

Des frontières à l’épreuve du réel

Si les lignes tracées par les accords Sykes-Picot ont instauré des frontières artificielles, faisant fi des diversités ethniques et religieuses des populations, aucun événement n’est parvenu en un siècle à les ébranler, même pas le panarabisme de Gamal Abdel Nasser puisque la République arabe unie (RAU) ne vivra que trois ans (1958-1961). « En tant que découpage territorial, le partage a duré, essentiellement parce que les nouvelles capitales et leurs classes dirigeantes ont su imposer leur autorité sur le nouveau pays (…) Quand le nationalisme arabe reviendra en force, il ne reconnaîtra pas la légitimité de ce découpage et appellera à la constitution d’un Etat unitaire, panacée à tous les maux de la région. Les Etats réels seront ainsi frappés d’illégitimité et durablement fragilisés. La constitution du Foyer national juif entraînera la région dans un cycle de conflits qui semble loin de se terminer », analyse Henry Laurens dans les colonnes du Monde diplomatique en 2003, année de l’invasion américaine en Irak qui a contribué à faire voler en éclat les frontières.

Il n’a y pas de frontières naturelles qui permettraient de séparer les Kurdes des Arabes, les chiites des sunnites…

Alain Gresh, directeur de la revue Orient XXI16/05/2016 – par Daniel VallotMais aujourd’hui, les accords Sykes-Picot sont mis à l’épreuve des révolutions arabes, certains allant jusqu’à imaginer la création d’un Sunnistan, d’un Kurdistan et de plusieurs Chiistan. Une « balkanisation » du Moyen-Orient, en quelque sorte. Pour le directeur de l’Iremmo, il faut prendre le problème à l’envers, sachant par exemple que beaucoup de chiites, de sunnites, se sentent d’abord Irakiens ou Syriens et que de nombreux nationalismes locaux se sont développés dans les Etats de la région. Les frontières ont ainsi pris de la consistance. « La vraie question est la suivante : quels sont les peuples qui aujourd’hui veulent un toit politique et qui n’en ont pas ? Ceux qui réclament un territoire sur lequel ils pourront être maîtres de leur destin. Et actuellement il y a deux peuples qui le veulent : les Palestiniens et une partie des Kurdes (ceux du nord de l’Irak puisque les Kurdes de Turquie savent eux qu’il n’en est pas question et réclament plutôt un fédéralisme, comme revendiquent depuis peu les Kurdes syriens). »

Daech bouleverse les accords

En juin 2014, le mur de sable qui marquait la frontière des accords Sykes-Picot entre la Syrie et l’Irak est détruit par le groupe Etat islamique. Tout un symbole. Les jihadistes du groupe EI, comme en leur temps ceux d’al-Qaïda, balaient dès leur arrivée les accords, voulant établir un califat au Moyen-Orient et en finir avec ce qu’ils nomment « le complot occidental ». Les tentatives de panarabisme ayant échoué, l’islam est pour Daech l’élément fédérateur des peuples de la région face à la « domination étrangère ». Lors de la proclamation de leur califat, les jihadistes publient une vidéo intitulée La Fin de Sykes-Picot.« Cette progression bénie ne s’arrêtera pas avant d’avoir fini de clouer le cercueil de la conspiration Sykes-Picot », y clame Abu Bakr Al Baghdadi après avoir envahi une partie de l’Irak et de la Syrie et gommé les frontières.

Pour le groupe EI, les musulmans sont aliénés par l’Occident. « Daech a transformé les accords secrets signés voilà un siècle en une question politique brûlante et contemporaine », note Rashid Khalidi, historien à l’université Columbia et titulaire de la chaire créée pour Edward Saïd en études arabes modernes. Et l’historien de poursuivre : « Les gens qui dirigent l’organisation Etat islamique sont d’anciens cadres de l’Irak de Saddam Hussein que l’idiotie des décisions américaines, après l’intervention de 2003, a jeté dans les bras des extrémistes. Ces gens savent parfaitement gérer un Etat, avec férocité et brutalité, mais aussi avec efficacité. Ils sont donc soucieux des frontières, même s’ils sont également pris dans des rhétoriques religieuses, voire apocalyptiques. »

Vers de nouvelles frontières ?

Ainsi, la question des frontières n’a jamais été aussi brûlante qu’aujourd’hui au Moyen-Orient où de multiples conflits asymétriques sont imbriqués. Des conflits qui engendrent guerres civiles ou régionales, menaces terroristes, épuration ethnique de certaines minorités, etc. Et l’agression américaine de 2003 en Irak a joué le rôle majeur de révélateur : « Il faut inverser Sykes-Picot, analyse Jean-Paul Chagnollaud, il faut une volonté exprimée par les peuples à travers leurs dirigeants. Une volonté d’autodétermination qui crée des frontières, avec des négociations. Ça ne pourra pas se faire autrement. » Et d’ajouter : « Il faut probablement un Etat dans le nord de l’Irak, même si aujourd’hui on ne veut pas en entendre parler. Il faut aussi absolument un Etat palestinien ».

La Palestine, dont les frontières se disloquent comme une peau de chagrin au gré d’une colonisation israélienne illégale et dont le projet est « de plus en plus raciste et expansionniste » selon les mots de Rashid Khalidi, semble être la grande oubliée de ces bouleversements régionaux. Or, c’est une question essentielle, non seulement pour les Arabes mais aussi pour l’Occident. Comme l’explique le directeur de l’Iremmo, l’existence d’un Etat palestinien «constituerait un facteur d’apaisement dans la région, ne serait-ce que dans les imaginaires. Une situation d’occupation qui perdure si longtemps est forcément source de tensions ».

Il y a un siècle, les accords Sykes-Picot traçaient les nouveaux contours d’un Moyen-Orient que les peuples se sont appropriés. Des peuples qui, à l’avenir, devront s’exprimer face à leurs dirigeants pour mettre un terme à ce statu quo mortifère et à l’effondrement des Etats du Moyen-Orient.

*Les Frontières au Moyen-Orient, Jean Paul Chagnollaud et Sid-Ahmed Souiah, 2004, collection « Comprendre le Moyen-Orient », éditions L’Harmattan.

Alain Gresh, directeur de la revue Orient XXI16/05/2016 – par Daniel VallotMais aujourd’hui, les accords Sykes-Picot sont mis à l’épreuve des révolutions arabes, certains allant jusqu’à imaginer la création d’un Sunnistan, d’un Kurdistan et de plusieurs Chiistan. Une « balkanisation » du Moyen-Orient, en quelque sorte. Pour le directeur de l’Iremmo, il faut prendre le problème à l’envers, sachant par exemple que beaucoup de chiites, de sunnites, se sentent d’abord Irakiens ou Syriens et que de nombreux nationalismes locaux se sont développés dans les Etats de la région. Les frontières ont ainsi pris de la consistance. « La vraie question est la suivante : quels sont les peuples qui aujourd’hui veulent un toit politique et qui n’en ont pas ? Ceux qui réclament un territoire sur lequel ils pourront être maîtres de leur destin. Et actuellement il y a deux peuples qui le veulent : les Palestiniens et une partie des Kurdes (ceux du nord de l’Irak puisque les Kurdes de Turquie savent eux qu’il n’en est pas question et réclament plutôt un fédéralisme, comme revendiquent depuis peu les Kurdes syriens). »

Tu apprendras.

« Après quelque temps,

Tu apprendras la différence entre tendre la main et secourir une âme.

Et tu apprendras que aimer ne signifie pas s’appuyer, et que compagnie ne signifie pas toujours sécurité.

Tu commenceras à apprendre que les baisers ne sont pas des contrats, ni des cadeaux, ni des promesses…

Tu commenceras à accepter tes échecs la tête haute, comme un adulte, et non avec la tristesse d’un enfant. Lire la Suite

Chefchaouen

Chefchaouen par Riad Benkhanou

سقطت غرناطة، فخرج كثير من أهلها وتفرقوا في بلدان مختلفة. وإلى عدوة المغرب هاجرت أسر غرناطة عديدة، منها من اتجه إلى مدن كبيرة كفاس وتلمسان ومراكش وتونس والقيروان، ومنها من اختار الالتحاق بحصن شفشاون الجهادي شمال المغرب الأقصى، الذي كان في حرب ضروس ضد أساطيل وجيوش البرتغال. وعلى منحدرات جبال شفشاون الوعرة قاموا بتخطيط أحيائهم، فتحول حصن شفشاون، في بضعة عقود بعد تأسيسه على يد الأمير علي بن راشد، إلى مدينة مغربية جديدة مزدهرة، امتزجت فيها ثقافة أهل غرناطة بثقافة أهل جبال غمارة. Lire la Suite

Sagesse de berger

On interrogea un jour le Cheikh Al Alawi de la sorte :
– « Cheikh, pourquoi lorsque ce marchand emmène sa chèvre au marché, il est obligé de tirer avec effort pour qu’elle le suive, alors que cet autre marchand est suivi sans peine par un troupeau docile d’une cinquantaine de chèvres ? »


Le Cheikh Al Alawi sourit et dit :
– « C’est simple, le second marchand a apprivoisé une petite chèvre qui a appris à le suivre docilement ; celle-ci est juste derrière lui et mène le troupeau derrière elle. Ainsi, le troupeau suit sans effort le maître du troupeau. Le premier marchand, lui, tente de contraindre la chèvre à le suivre, ce qui lui demande beaucoup d’efforts. »


A un élève qui demandait quel était le sens de cette anecdote, un homme sage répondit :
– » Notre cœur est une petite chèvre qu’il faut apprivoiser. Le premier marchand tente de contraindre, ce qui est source de beaucoup d’ennuis. Le second marchand a apprivoisé son cœur ; il est donc naturellement pris pour exemple. Souvent, les gens qui veulent la paix critiquent les autres de vouloir la guerre. Mais ils devraient commencer par apprivoiser leur petite chèvre. Ainsi, leurs critiques cesseraient et la paix se ferait d’elle-même autour d’eux. »

Sidi Ahmed Al-Alawi.

 

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Histoire et musulmanes

 

« La M’laya, c’est ce long et ample voile noir qu’ont porté les musulmanes de l’est algérien durant plusieurs générations, jusqu’il y a peu.

On fait communément remonter son origine à il y a plus de deux siècles. À cette époque, un homme, Salah bey, gouverne la ville de Constantine. Cependant, le 19 dhou al hijja de l’année 1206 de l’hégire (8 août 1792), le dey Hussayn le fait destituer et remplacer par Ibrahim Bousbaa, un caïd de l’Ouest. Mais le nouveau venu n’est pas désiré, les partisans de Salah le mettent à mort, permettant à ce dernier de reprendre les rênes de sa ville. Entrant alors en dissidence avec la régence d’Alger, celle-ci va sans plus attendre lui envoyer son armée. Une bataille s’engage, plongeant la cité dans la violence et le sang. Salah Bey est arrêté : il est exécuté par étranglement un 14 mouharram 1207 (1er septembre 1792).

Ce qui s’était passé avait causé l’effroi des constantinois. Les femmes, sans qu’on en connaisse dans les détails la raison, se donnèrent alors pour mission de porter le deuil sur elle, ceci en revêtant ce long et épais vêtement noir, couvrant la silhouette féminine de la tête aux pieds. Assorti d’un 3djar blanc cachant le visage, seuls les yeux pouvaient alors être aperçus de l’homme étranger. Depuis cette date, bien que le vêtement n’eut rien de nouveau en cette terre d’Islam, le port de la m’laya s’était imposé ; chaque fille devenant femme, de Constantine, puis de Sétif à Annaba, avait ainsi pris l’habitude de le porter dès la porte de la maison franchie.

Plus que peu porté aujourd’hui, il reste cependant un symbole fort de toute la culture islamique de l’est algerien. »

Renaud K.

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