651Feuillet de Coran bleu

Un inventaire des manuscrits de la Grande Mosquée de Kairouan, rédigé en 693 H./1292-1293 J.C., se réfère à ce coran en ces termes :

« En sept volumes de grand format écrit à l’or dans une écriture kufique sur du parchemin bleu-noir. Les sourates, le nombre des versets et les hizb sont écrits en argent ; enveloppé de peau estampée sur bois doublée de soie ».

Ce manuscrit est actuellement conservé en Tunisie, sauf les quatre premiers jûz, qui sont éparpillés dans des musées et des collections privées de par le monde.

D’après des analyses, le vélin est teint à l’indigo et à la garance, matériaux en provenance du commerce indien ou égyptien, qui se développa à partir du Xe siècle. La dorure a été fixée grâce au blanc d’œuf. L’écriture kufique à l’encre dorée est dans une graphie compacte, n’offrant aucune indication des voyelles. On constate cependant la présence de certains signes diacritiques, selon la méthode développée par al-Hajjaj ibn Yusûf ibn Matâ. (…) L’ordre numérique des lettres utilisées a permis à J. Bloom d’attribuer à ce Coran une origine maghrébine et de déduire qu’il est de provenance ifriqiyenne ou andalouse. Mais son appartenance à la Grande Mosquée de Kairouan et l’existence, au sein de cette collection, d’autres Corans datés présentant les mêmes caractéristiques graphiques, plaide en faveur de leur origine kairouanaise. (…)  Le choix des couleurs imprègne le livre saint d’une grande spiritualité. En effet, le bleu symbolise la couleur céleste et les lettres dorées la lumière divine diffusée par la parole de Dieu. Il semble que cette tradition ait été transmise aux Musulmans par les Byzantins qui utilisaient des manuscrits de couleur pourpre à écriture dorée. Il semble que des Corans bleus existaient aussi au Proche-Orient ‘abbâsside. Les sources historiques nous rapportent que le calife al-Ma’mûn en possédait un. Cette tradition existait à la même époque en Occident chrétien et à Byzance. Cette technique semble se maintenir au Maghreb jusqu’au XVe siècle au moins, mais sur papier. Un Coran, actuellement conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris, teint en rouge-brun et dont l’écriture est dorée pour les titres et argentée pour les textes, semble avoir été pillé par les Espagnols lors du sac de la ville de Tunis en 1535. Il est datable du règne du souverain hafside Abû Fâris ‘Abd al-‘Azîz al-Mutawakkil (1394-1434). Un autre Coran, actuellement conservé à la Bibliothèque Nationale de Rabat, datant de la même époque, est rédigé en cursif maghrébin à l’encre argentée sur papier vert .

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