Fils de Zoubayr ibn Al Awwam raa et de Asmâ raa , la fille d’Abou Bakr Al Siddiq raa . Neveu de Aisha raa , l’épouse du prophète saws.

Il est le premier enfant qui naquit chez les musulmans après l’émigration du Prophète  (sallallâhou alayhi wa sallam) . La nouvelle de sa naissance met un terme à une rumeur mensongère que les juifs de Médine avaient propagé ; ils prétendaient en effet avoir jeté un sort sur la communauté musulmane : Que leurs femmes ne pourraient plus jamais avoir d’enfants… Les Compagnons (radhia Allâhou anhoum) accueillent donc avec une grande joie cette naissance.

Quand sa mère Asmâ (radia Allâhou anha) quitte Makkah pour émigrer au cours de la première année de la hijrah, elle est déjà presqu’arrivée au terme de sa grossesse. Elle accouche finalement à Qoubâ. On porte alors immédiatement le nouveau-né jusqu’au Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam), et celui-ci procède à son « tahnîk » et la première chose qui entre dans l’estomac du petit Abdallâh ibn Zoubayr (radia Allâhou anhou) est donc la salive bénie du Messager d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam).

Il ne vit pas longtemps en compagnie du Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam). Quand celui-ci saw quitte ce monde, il n’a pas encore 10 ans. Il rapporte ainsi quelques Hadiths seulement directement du Messager d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam); par contre, il en rapporte plusieurs autres par la voie de son père Zoubayr (radia Allâhou anhou), de sa mère Asmâ (radia Allâhou anha), de son grand-père Abou Bakr (radia Allâhou anhou), de sa tante Aïcha (radia Allâhou anha), entre autres…

Ibn Kathir (m. 1373) nous informe dans l’une de ses œuvres :

Le Prophète se faisait faire une saignée dans une bassine, puis il l’a donnée à ‘Abdullah bin az-Zoubayr pour qu’il déverse son contenu : « Ô ‘Abdullah ! Prends ce sang et déverse-le dans un endroit où personne ne peut te voir ». Il est parti avec et il l’a bu. Quand il est revenu, le Prophète a dit : « qu’as-tu fait avec le sang ? » Il répondit : « je l’ai bu afin d’augmenter mon savoir et ma foi, et pour que quelque chose du corps du Messager d’Allah soit dans mon corps, et mon corps y a plus droit que la terre ». Le prophète lui a alors dit : « réjouis-toi ! Le feu de l’enfer ne t’atteindra jamais, malheur à toi de la part des gens et malheur aux gens de ta part ».

Abdallâh ibn Az Zoubayr (radia Allâhou anhou) est réputé depuis son plus jeune âge pour son courage et sa bravoure. Il mettra ses qualités au service de l’Islam: il n’a pas encore tout à fait 17 ans qu’il compte déjà parmi les meilleurs soldats de l’armée musulmane. À l’âge de 12 ans, il aurait accompagné son père Zubayr raa dans la grande bataille du Yarmouk  qui a vu l’échec des légions romaines à reprendre le contrôle de la Syrie après la défaite Perse contre les alliés Arabes. Ceux qui l’ont côtoyé témoignent de sa grande piété et, surtout, de sa concentration et de sa dévotion exceptionnelles durant la salât : on rapporte à son sujet qu’il restait immobile si longtemps durant les différentes postures de la prière qu’il arrivait que des oiseaux se posent sur sa tête ou sur son dos comme s’il s’agissait d’un mur….

En l’an 64 de l’Hégire, après la mort de Yazîd ibn Mouâwiya (dont il n’a jamais accepté de reconnaître l’autorité), les gens lui prêtent allégeance à Mekka : Abdoullâh Ibn Zoubeïr (radhia Allâhou anhou) devient ainsi le Calife des musulmans, et son pouvoir s’étend sur la majeure partie des terres musulmanes, depuis Makkah où il réside jusqu’à des régions aussi éloignées que Koûfa, Bassorah, le Yémen, une partie de la terre de Châm…

Pendant quelques temps, les omeyyades, dont les partisans restent nombreux à Damas, ne disposent pas de la puissance nécessaire pour s’opposer à Abdoullâh Ibn Zoubeïr (radhia Allâhou anhou). Cependant, avec l’accession au pouvoir de Abdoul Malik ibn Marwân, la situation change . Celui-ci commence progressivement à récupérer des territoires et à faire passer sous son autorité des régions entières. Puis, au mois de Dhoul Qa’dah de l’an 72 de l’Hégire, il envoie Hadjâdj Ibn Youssouf à la tête d’une armée pour aller affronter Abdoullâh Ibn Zoubeïr (radhia Allâhou anhoum) qui a trouvé refuge sur la terre sacrée du haram.

Arrivé sur place, Hadjâdj monte le siège autour de la ville sainte pendant six mois, privant ainsi ses habitants de tout ravitaillement en eau et en nourriture dans le but qu’ils abandonnent leur soutien à Abdoullâh Ibn Zoubeïr (radhia Allâhou anhou). Durant ce long siège, Hadjâdj harcèle également les mecquois en catapultant régulièrement des pierres sur la ville. Peu à peu, la plupart des partisans de Abdoullâh Ibn Zoubeïr (radhia Allâhou anhou) –parmi lesquels deux de ses propres fils- l’abandonnent pour rejoindre les rangs de Hadjâdj.

Abdoullâh Ibn Zoubeïr (radhia Allâhou anhou) s’entretient alors avec sa mère Asmâ (radhia Allâhou anha) concernant la conduite à adopter. Celle-ci, qui est âgée de plus de cent ans, lui tient les propos suivants: « Ô mon fils, tu connais mieux que quiconque ta situation. Si tu es convaincu d’être dans le vrai et si tu es certain que la cause vers laquelle tu invites les autres est celle qui est juste, alors fais preuve de patience (et continue à lutter) jusqu’à ce que tu trouves la mort dans cette voie. (…) Et si tu sais que, par tout ceci, tu ne cherchais que ce monde, alors quel mauvais serviteur (d’Allah) es-tu : tu t’es détruit toi-même et tu as détruis ceux qui ont lutté à tes côtés. »

Abdoullâh (radhia Allâhou anhou) rassure alors sa mère sur la pureté de ses intentions et des motivations qui ont animé ses gestes. Il lui fait ensuite part de sa préoccupation concernant ce que ses ennemis risquent de faire à son corps après l’avoir tué…

Asmâ (radhia Allâhou anha) lui réplique en substance: « Mon fils ! Après qu’on l’ait égorgé, le chevreau ne souffre plus lorsqu’il est écorché ! »

Abdoullâh Ibn Zoubeïr (radhia Allâhou anhou) est tué le 17 djoumâdâ al oûla de l’an 73 (il est âgé de 72 ans) alors qu’il est en train de faire la salât devant la ka’bah.

Après sa mort, Hadjâdj mutile son corps et laisse ensuite son cadavre pendu pendant plusieurs jours en un lieu bien visible de la ville. C’est durant cette période que sa mère, Asmâ (radhia Allâhou anha ), lance avec un courage exemplaire à Hadjâdj: « Tu as certes gâché l’existence (de mon fils) ici bas. Cependant, lui a détruit le tien dans l’Au-delà. »

Radhia Allâhou anhou !

Que Dieu l’agréé ! Âmine

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