L’imâm Abou Hanîfa, qu’Allah soit satisfait de lui, avait vu un adolescent marchant devant lui, et devant ce dernier ce trouvait un fossé, et lui dit : « prends garde au fossé. » Le jeune garçon lui répondit : « Mais c’est vous qui devriez faire attention pour ne pas tomber, car si je tombe, je tomberai seul, mais si vous, vous tombiez tout le monde tombera avec vous. »

Al ‘Izz Ibn Abd-as-Salâm

Ce qui suit est en effet une khotba , un sermon, du Shaykh Râtib An Nabulsî portant sur un des savants de nos prédécesseurs, et sa façon de traiter les affaires d’ordre public : Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm. Puisse Allah nous guider dans ce monde par l’exemplarité des pieux savants musulmans. 

Il est Abou Muhammad ‘Izz ad-Dîn Abdel ‘Azîz ibn Abdessalâm ibn Abi Qâçim ibn al Hassan ibn Muhammed.  Il est né à Damas (Syrie) en 577 de l’Hégire où il y vécu et y précha. Il est un éminent savant, Ach’arî de ‘aqîda et de l’école Châfi’î en jurisprudence.

Il été surnommé « Izz ad-Dîn », « Sultân al ‘Ulama » ou encore « le vendeur de Mamâlîk ».

 

Sa position vis-à-vis de celui qui coopère avec l’ennemi :

Quand Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm était à Damas, gouverné alors par As-Sâleh Ismaël des bani Ayoub, il lui fut octroyé le poste d’Imam de la Mosquée Omeyyade. Après cette période, le roi coopéra avec les ennemis des Musulmans et leur céda des forteresses, telles que les forts de Chaqif, Safad, et certaines villes, pour qu’ils l’aident à combattre le roi Ayoubi en Egypte. Il rallia les ennemis des Musulmans pour combattre ces derniers et les vaincre. Un Musulman qui s’allie à un non musulman pour combattre le Musulman. L’histoire se répète de nos jours notamment dans l’affaire du mur d’acier ….

Quand Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm vit ce ralliement aux ennemis des musulmans, il ne put patienter, monta sur sa chaire, et dit son avis franc sur le sujet. Puis il arrêta son sermon et le finit par : «Ô Seigneur fais que cette nation ait un guide, pour honorer Ton allié et humilier Ton ennemi, qu’il ordonne le convenable et interdit le blâmable.» Puis il descendit de sa chaire et quitta la mosquée. Le roi As-Sâleh sut ce qu’il fit et se mit en colère contre lui, le destitua de son poste et l’emprisonna. Et quand il y a eu des agitations au milieu des gens, suite à cela, il le libéra et lui interdit le prêche.
Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm, furieux, sortit de Damas et se dirigea vers Jérusalem. Le roi As-Sâleh Ismaël s’y été dirigé lui aussi pour rencontrer les princes ennemis. Il envoya un homme de sa cour à Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm et lui dit: « Va voir Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm et lie toi d’amitié avec lui et fais en sorte qu’il vienne me voir, me demander pardon pour qu’il reprenne son poste. » L’homme alla voir Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm et lui dit: « rien ne t’empêche de revenir à ton poste et à avoir plus de privilèges, tu n’as qu’à aller embrasser la main du sultan, rien de plus. » Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm rit et lui dit: « comme tu es pauvre, je n’accepterai même pas que le roi embrasse ma propre main, pour parler que je lui embrasse la sienne. O gens vous êtes d’un côté et moi de l’autre, louange à Allah qui m’a protégé de ce dont vous souffrez. » Il lui dit: « Tu seras alors mis en prison ? » Il lui répondit: ‘faites ce que vous voulez. » Ils l’emprisonnèrent dans une tente où il passa son temps à prier et à adorer Allah. Telle était la position de Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm de quelqu’un qui coopérait avec l’ennemi contre ses frères croyants.

La sortie de Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm vers l’Egypte :

Le roi As-Sâleh avait une réunion avec certains chefs ennemis, et leur réunion se tenait proche de l’endroit où Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm récitait le Coran. Il leur dit: « entendez-vous celui qui récite ? » Ils disent: « Oui », Il leur dit avec vantardise: « C’est l’un des grands savants Musulmans, que nous avons mis en prison parce qu’il s’opposait à notre alliance avec vous, et à notre cession de certaines forteresses et forts, et notre accord de combattre les Egyptiens. » Les rois ennemis lui dirent: « si nous avions un homme d’une telle fidélité envers la nation, et avec cette force et courage, nous lui aurions lavé les pieds, et bu de l’eau de ce lavage. » Le roi se sentit alors humilié et déçu, et ce fut le début de sa défaite et échec. L’armée Egyptienne arriva et le vainc, ainsi que ses alliés. L’Imâm fut alors libéré et il partit vers l’Egypte.

Il sortit alors vers l’Egypte, où il fut accueilli chaleureusement par Najm Eddine Ayoub, qui le nomma à des postes de responsabilité dans son gouvernement. On s’attendait à ce que Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm, essaye de garder sa position et de ne pas s’opposer au gouverneur, surtout que le roi Ayoub était connu pour sa droiture et chasteté, mais il était tellement dur et charismatique, que personne n’osait parler en sa présence, ni intercéder en faveur de quelqu’un d’autre auprès de lui, ni de parler que pour répondre à une question. Certains princes de sa cour disaient: « par Allah, nous nous disons toujours que nous ne sortirons pas de la cour du roi que vers la prison, car il était dur et sévère, et s’il emprisonnait quelqu’un, il l’oubliait, et personne n’osait lui en parler, ou le lui rappeler, et il était majestueux et somptueux. Il suscitait la peur et la terreur chez les gens, ceux du peuple ou les proches.
Quelle a donc été la position de Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm ?

Celui qui se rappelle de la Majesté de Dieu, rien ne lui importe :

Le jour de l’Aid, le cortège royal sortit dans les rues de la ville du Caire, et les gens étaient alignés sur les bords de la route, les épées les menaçaient, et les princes avaient peur de la majesté et somptuosité du roi. Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm se tenait là et a dit: « O Ayoub » sans aucun titre, Ayoub, le roi tyrannique, puissant se retourna pour voir qui osait l’interpeller de cette manière, sans titre et sans aucune cérémonie. Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm lui dit: «Quelle sera ton excuse devant Allah demain quand Il te dira: «Je t’ai octroyé le royaume d’Egypte, et tu as permis les boissons alcoolisées ?» Le sultan lui demanda: «Ceci a lieu en Egypte ?» il dit: « Certainement dans tel et tel endroit on vend du vin, et d’autres substances illicites, alors que tu jouis de la grâce de ce royaume» Il lui dit: «Monsieur, je n’ai rien fait de tel, mais cela faisait partie du règne de mon père.» Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm hocha la tête et lui dit: «Ainsi, tu es de ceux qui disent ‘nous avons trouvé nos pères à la tête de cette Omma’» il lui dit: «Qu’Allah m’en protège.» et il ordonna que les boissons alcoolisées soient interdites immédiatement et il a interdit leurs ventes en Egypte.

L’un de ses étudiants lui demanda: «Monsieur, qu’avez-vous fait avec le Sultan dans toute sa gloire et majesté ?» Il lui répondit: «Je l’ai vu dans sa gloire et majesté et j’ai eu peur qu’elles ne s’amplifient et le lèsent. Je voulais lui montrer son rang.» Un autre lui demanda: «Comment avez-vous fait face au Sultan.» Il dit: «Mon fils, je me suis rappelé de la Majesté et la crainte qu’Allah, Exalté soit-Il, suscite, et je n’ai vu personne devant moi.»

Les éléments de la force de Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm

Dans une autre position des plus surprenantes de Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm: les Mamalîk gouvernaient indirectement l’Egypte à l’époque de Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm. En effet, le conseiller du Sultan était un mamluk, les commandants des armées et les responsables étaient tous des mamluks. Il y en avait même parmi eux ceux qui n’étaient pas encore libres. A cette époque, Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm était le juge suprême en Egypte, et à chaque fois qu’il recevait un contrat de vente ou d’achat ou de mariage provenant de ces mamluks encore esclaves, il l’invalidait, et il disait: ‘celui la est un esclave même s’il était un prince ou un homme d’un certain rang, il faudra d’abord qu’il soit vendu et libéré, ensuite leurs transactions seraient valides.’ Les Mamalîk se mirent en colère contre cet imâm et allèrent le voir et dirent: «Que fais-tu de nous ?» il leur dit:«Je refuse vos contrats». Ils partirent en colère contre lui et se sont plaints au Sultan qui leur dit : «Ceci est une affaire qui ne le concerne en rien.» quand Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm entendit cela, il se démis de ses fonctions de juge.
Ceci n’est qu’une partie du caractère et force de Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm. Il était plus grand que n’importe quelle position, de n’importe quel nom ou titre ou postes. C’est la raison pour laquelle, il ne cherchait guère à les avoir. Mais il tirait sa force de sa foi en Allah, Exalté soit-Il, et de sa position vis-à-vis de l’ordre du convenable et de l’interdiction du blâmable, et crier haut et fort la parole de justice, en plus de la nation qui lui a fait confiance.

Celui qui craint Allah, sera craint… :

Ainsi, Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm était dans les cœurs et vies des gens. Il était la couronne de son temps et sa perle rare, et il devint le plus grand savant, imâm et prédicateur du monde musulman de son époque. C’est pourquoi il se démis de sa position de juge, car toutes les affaires des gens entrent sous la gérance de la justice, et il ne jugeait que par la parole d’Allah et la Sunnah de Son prophète, bénédictions et paix sur lui.
Il prit une autre position similaire, quand il réunit ses meubles et affaires personnelles, acheta deux montures. Sur l’une il mit ses affaires et sur l’autre sa femme et son fils, il les escorta en dehors de l’Egypte, en direction de la Syrie, son pays d’origine. Mais la nation en entier sortit après lui. Les historiens ont rapporté que même les savants, les gens pieux, les hommes, femmes et enfants, et même ceux auxquels il se désintéressait, sortirent après lui dans un cortège important. Certains allèrent voir le sultan pour lui dire: «Qui reste pour que tu le gouvernes si Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm le quitte, et que toute la nation le suit ? Si jamais ils le quittent, ton royaume n’existera plus.» Le roi As-Sâleh accourut derrière lui pour lui faire plaisir et lui dit: «Reviens et tu auras ce que tu veux.» Il lui répondit: «Je ne reviens que si tu acceptes que ces Mamalîk soient vendus.» Et au roi de répondre: «Tu auras ce que tu veux, fais ce que tu veux.»

Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm revint en Egypte et les mamaliks commencèrent à essayer de se rapprocher de lui, car comment ils pourraient être vendus aux enchères, alors qu’ils étaient des princes !? Le conseiller du Sultan, un autre mamluk lui envoya un message pour lui faire changer d’avis, mais rien n‘y fit.
Certains suggérèrent de le tuer, alors le conseiller et un groupe de princes se rendirent chez lui avec leurs épées, frappèrent à sa porte décidés à le tuer. Le fils de Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm, Abd Al-Latîf, leur ouvrit et ce qu’il vit l’épouvanta, il revint vers son père et lui dit: «Ô mon père fuis pour ta vie.» il lui demanda: «Qu’y a-t-il ?» Il dit: «Tel et tel.» et à Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm de dire à son fils: «Ô mon fils, je suis plus vil et moindre pour que je sois tué dans le sentier d’Allah.» Signifiant, est-ce possible que cela m’arrive ? Il l’espérait… Il sortit alors vers le conseiller qui, dès qu’il le vit, demeura figé, fut pris par la peur et la terreur et laissa tomber son épée, pâlit, se tut puis se mit à pleurer et lui demanda: «Que décides-tu de faire ?» Il lui dit :«Je vous vends aux enchères.» Il lui demanda: «Encaisseras-tu l’argent de la vente ?» «Oui» répondit Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm. Il lui demanda: «En quoi l’utiliseras-tu ?» «Dans les affaires générales des musulmans.» lui répondit Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm. Il lui demanda alors de faire des invocations pour lui, pleura et le quitta. Effectivement, Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm réalisa la vente et il élevait les prix de chacun d’entre eux aux plus hauts niveaux, pour enlever de leurs âmes toute trace d’orgueil. Certains savants et historiens ont jugé que nul autre événement semblable n’a eu lieu dans toute l’histoire de l’humanité.
Celui qui craint Allah, tout et tous le craindront, et celui qui ne craint pas Allah, Il fera en sorte qu’il craint tout.

L’obéissance d’Allah et le délaissement de la vie :

Parmi ses positions, ses étudiants lui rendirent visite et lui dirent: «Dans tel endroit, untel, le gouverneur d’une principauté des mamaliks, nommé Fakhr Eddine, a bâti un cabaret, un endroit où on chante, on danse et où on joue de la musique, et que cet endroit est proche d’une mosquée.» Quand Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm vérifia leur dire, il réunit ses enfants et quelques-uns de ses étudiants, se rendirent sur le lieu de ce bâtiment et fit ce qu’il fit.

L’origine de la piété et du courage exemplaire des savants de notre religion grandiose étant l’obéissance à Allah et l’éloignement des plaisirs de la vie ici bas. Quand on demanda à l’Imâm Al-Hassan Al-Basrî : «Comment as-tu atteint ce rang ?» il répondit: «En délaissant la vie matérielle des gens, leur besoin en mon savoir.» Qu’en est-il alors si les gens n’ont plus besoin du savoir du savant et qu’il a besoin de leur vie matérielle ? Alors il échouera de son rang et perdra sa prestance, et devient une bouche que l’on remplit de ce qu’on veut lui faire dire.

Ceci était un aperçu de la vie de cet honorable savant. Pendant une époque, les prix des jardins de fruits diminuèrent de manière drastique, à un tel point que ces jardins de fruits furent vendus à des prix dérisoires.
La femme de Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm vint le voir avec ses bijoux et lui dit : « achètes nous donc un jardin pour que l’on puisse y passer l’été. Il les prit, les vendit et distribua leur prix à des nécessiteux qu’il trouva sur son chemin. Quand il rentra chez lui, sa femme lui demanda: « As-tu acheté pour nous le jardin ? » Il lui dit: « Oui, mais je t’ai acheté un jardin au Paradis, j’ai vu des gens dans le besoin et je leur ai donné l’argent. »
Elle lui dit : « Puisse Allah t’en rétribuer » Ainsi fut la femme de Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm.

Les gens obéissaient aux ordres de Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm :

Quand le gouverneur de l’Egypte voulut combattre les tatars, il remarqua que l’argent du trésor public n’était pas suffisant. Il décida de réunir l’argent de chez les gens et réunit des savants et leur dit: « que pensez-vous si on prend des gens de quoi nous aider à apprêter l’armée et à fabriquer des armes, et payer la solde des combattants… et nous faisons face à un ennemi qui a conquit la Syrie, l’Irak, et qui s’approche de nos frontières, et nos réserves du trésor ne suffisent pas. »

Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm lui dit: « si tu réunis ce que tu as et ce que tes femmes ont, et ce que les princes ont, et que tu le transformes en argent, et que tu le distribues à l’armée, et qu’après, cela ne suffit pas, on pourra alors demander un prêt auprès des gens. » Le Cheikh avait une telle prestance chez les gens, qu’ils ne purent que satisfaire sa demande, et ils vainquirent.

Certains gouverneurs se mirent en colère contre lui et le démirent de ses fonctions. A l’époque, le grand mufti d’Egypte était l’Imâm Abd Al-‘Adhîm Al-Mondhiry, et quand Al-‘Iz Ibn Abd-As-Salâm vint en Egypte, il dit: « j’étais le mufti, mais maintenant alors que l’imâm Al-‘Iz est là, je lui cède la position, et je n’y tiens plus. » Il n’a pas pensé que cet homme lui faisait concurrence, ni qu’il lui a pris sa place d’honneur. Bien au contraire, ils s’entraidaient, et nulle animosité n’existait entre eux.
Et Allah , Exalté soit-Il, fait vaincre celui qu’Il veut.
Dans l’histoire islamique de nombreux modèles existent, il nous suffit de suivre leurs pas, et cela peut avoir lieu en tout temps et en toute circonstance.
J’invoque le Pardon d’Allah pour moi et pour vous. Demandez-Lui pardon, Il vous pardonnera. Les demandeurs de Pardon sont les vainqueurs. Je Demande le Pardon d’Allah ta’âla.

 

duaa porte entree : sortie

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