« Al Hikam »

  • Sagesse 1

L’une des marques qui révèle que l’on s’en remet à ses propres actions, c’est de voir son espérance fléchir quand on commet un faux pas.

Tout croyant se doit d’agir comme cela lui ai demandé. Et il est normal qu’il estime que ses actions sont déterminantes et qu’elles révèlent une foi authentique. Mais il convient qu’il garde à l’esprit cette autre vérité: Il ne peut rien par lui-même, et ses bonnes actions elles-mêmes ne sont que le fruit de la grâce divine envers lui. Al Bukhârî et Muslim rapportent dans leurs recueils de traditions authentiques que le Prophète saw a dit : « Les œuvres d’aucun parmi vous ne le feront entrer au Paradis. » Les compagnons interrogèrent le Messager d’Allah saw : « pas même toi , Ô Messager d’Allah ? » … « Pas même moi » répondît-il, « à moins qu’Allah ne me couvre de Sa grâce et de Sa miséricorde . »

Lorsque le Coran affirme qu’il sera dit aux croyants : « Entrez au Paradis pour ce que vous faisiez ». Coran 16/32, il faut comprendre que nos actions ne prennent une telle importance et n’ont un tel poids que parce qu’Allah ta’ala Lui même choisit de les récompenser généreusement …
Nos œuvres en elles mêmes ne peuvent compenser l’ensemble de Ses bienfaits. Allah dit : « Et si vous comptiez les bienfaits d’Allah , vous ne sauriez les dénombrer «  Coran 14/34 et 16/18.

Si nous avons conscience du caractère insignifiant de ce que nous faisons, alors nous considérons que la miséricorde divine seule peut assurer notre salut, et non pas seulement notre effort. Celui qui désespère lorsqu’il commet un pêché suppose au contraire que sa destinée dépend de sa seule volonté, de sa capacité . Ce désespoir révèle une forme d’orgueil caché dont le sage doit se débarrasser.

 

  • Sagesse 78 :

« L’espérance authentique est accompagnée d’action. Sinon, il ne s’agit que d’un souhait. »

Nous devons faire la différence entre ce qui relève d’une disposition bénéfique de l’âme, qui entraine l’adorateur à agir résolument pour atteindre son but, et ce qui relève de l’illusion, qui ne se traduit pas par des actes conséquents. Le Coran affirme ainsi: « Cela ne dépend ni de vos désirs, ni des désirs des gens du Livre; quiconque fait un mal sera rétribué  pour cela, et ne trouvera en sa faveur, en dehors d’Allah ta’ala, ni allié ni secoureur. Et quiconque, homme ou femme, fait de bonnes oeuvres, tout en étant croyant … voila ceux qui entreront au Paradis, et on ne leur fera aucune injustice, fût-ce d’un creux de noyau de datte. » Coran 4/123-124.

Il a été rapporté qu’al hasan Al Basrî ra, a dit : »La foi ne consiste pas en de vains désirs, mais en ce qui repose fermement dans le coeur et que l’action confirme. Il est des gens qui ont été trompés par l’illusion de leurs désirs, si bien qu’ils sont sortis de cette vie sans emporter la moindre bonne action. ils ont dit : « Nous pensons du bien d’Allah ta’ala ». Or, ils ont menti. S’ils avaient pensé du bien d’Allah, ils auraient bien agi. »

 

  • Sagesse 105 :

« Qu’adoucisse pour toi la douleur de l’épreuve le fait que tu saches que c’est Lui , Gloire à Lui !! qui te met à l’épreuve. Celui par Qui tu es confronté à ta destinée, c’est Celui là même qui t’a accoutumé à faire pour toi le bon choix. »

Le croyant sait, selon les sources de l’Islam, qu’Allah a plus d’amour et de miséricorde pour Son adorateur que ses père et mère . Un malheur comme la maladie, la mort d’une personne aimée, les difficultés et la perte de biens, constitue toujours une épreuve pour l’être humain. Le croyant, au delà des apparences, en comprend le sens à partir du moment où il a conscience que c’est Allah ta’ala Lui-même qui a déterminé sa destinée. Un malheur est bénéfique, parce qu’il permet d’effacer certains péchés, de se purifier et de revenir sur le droit chemin. Ou encore, parce qu’il amène l’adorateur à ressentir sa dépendance et à se tourner davantage vers Allah . Il permet également d’exercer et de developper la vertu de la patience. Or, les actions qui s’exercent au niveau du coeur ont plus de valeur que les actions des membres et du corps. L’instant pendant lequel un homme accepte de se soumettre à la volonté d’Allah vaut mieux que mille bonnes actions apparentes réalisées sans intention sincère .

En outre, Allah fait toujours pour nous le bon choix, alors que nous ne savons pas nous même toujours ce qui est le meilleur pour nous. Le Coran affirme: « Or, il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose alors qu’elle vous est un bien. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle vous ait mauvaise. Et Allah sait, et vous, vous ne savez pas. » Coran 2/216.

 

  • Sagesse 131 :

N’était la belle façon qui est la Sienne de cacher les défauts et les fautes des hommes, aucune action ne mériterait d’être acceptées. »

L’imperfection est dans la nature humaine, et le moindre de nos actes est nécessairement entaché d’un manque de sincérité, puisqu’en agissant, nous nous regardons agir, et nous relevons avec satisfaction nos bonnes actions. Cette forme d’associationnisme caché suffirait à rendre vaines nos oeuvres. Pour y remédier autant que possible, il faut s’engager en étant convaincu que le bien qui vient de nous est seulement l’effet de la faveur qu’Allah nous accorde généreusement . Il faut donc nous en remettre à la grâce divine, à la générosité de notre Créateur et ne pas considérer que notre salut vient seulement de nos actions.

 

  • Sagesse 164: 

« Ne te voile le Vrai que son extreme proximité de toi. »

Allah ta’ala dit: « Nous avons effectivement créé l’homme et Nous savons ce que son âme lui suggère et Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire ». Coran 50/16.  Ainsi lorsque nous approchons une pièce de monnaie de notre visage, nous en discernons les motifs avec une précision accrue. Mais si nous collions cette pièce contre notre oeil, nous ne verrions plus rien. Il ne s’agit là cependant que d’un exemple. Allah ne peut être défini dans l’espace.

 

  • Sagesse 210 :

« Tu n’aimes pas une chose sans en être l’esclave. Et Lui (Allah) n’aime pas que tu sois l’esclave d’une autre chose que Lui. »

Sagesse à laquelle fait écho une réflexion de l’imam Abû Al-Qasim Al-Junayd : « Tu n’es pas véritablement Son serviteur, alors que quelque chose en dehors de Lui te réduit à l’esclavage. Et tu ne saurais atteindre une complète liberté alors que tu n’as pas accompli entièrement tes devoirs d’adoration. »

En d’autres termes, la liberté de l’homme dépend de son entière soumission à Allah ta’ala, qu’il reconnait comme Seul et Unique Maître en refusant d’adorer autre chose que Lui. Au contraire, l’homme qui se laisse entrainer par sa passion, quel que soit son objet, est réduit à une forme d’esclavage, qu’il en ait conscience ou non.

 

  • Sagesse 218 : 

« Comment donc le Vrai se cacherait-Il derrière quelque chose, alors qu’Il est l’Apparent dans cela même qui Le cache, Existant, Présent. »

Le Coran nous fait connaitre deux noms divins : « Il est l’Apparent et le Caché. » Coran 57/3. AZ Zâhir et Al Bâtin. Ce qui signifie que si Allah ta’ala nous ait caché, ce n’est que par l’éclat de Son évidence et de Sa présence…

 

  • Sagesses 243:

« Celui qui aime n’est pas celui qui espère de son aimé une compensation , ou qui réclame de lui quelque bien. Celui qui aime, en vérité, est celui qui te donne généreusement, et non pas celui à qui tu donnes généreusement. »

L’adorateur se tourne vers Allah par crainte de l’Enfer et par désir du Paradis, ou encore pour recevoir un soutien en cette vie . Cependant, l’adoration réelle, au sens le plus fort de ce terme, réside dans un amour qui ne réclame aucune contrepartie. Abû ‘Abd-Allah al Qurashî a dit : « La vérité de l’amour, c’est que tu te donnes entièrement à celui que tu aimes, au point qu’il ne reste rien de toi pour toi même. »

Muhammad Ibn Sahl Ibn ‘Abdi-Llah a dit : » Le crime de celui qui aime est plus grave auprès d’Allah ta’ala que le péché du commun des hommes. Il consiste, pour celui qui aime, à s’apaiser auprès d’un autre qu’Allah, et à se satisfaire de la compagnie de qui n’est pas Allah .

 

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Extrait de « Al Hikam » de Ibn ‘Atâ’i-Llah as Sakandarî. Juriste malékite, éducateur spirituel accompli, l’Imâm Ahmad Ibn `Atâ’illâh As-Sakandarî est incontestablement une figure importante de la spiritualité islamique et son ouvrage Al-Hikam (Les Sagesses.) continue à inspirer sur la voie de la purification du cœur. Traduit et commenté ici par Hani Ramadan.

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