Wa lā ghāliba illā-llāh (ولا غالب إلا الله)

C’est la devise en arabe des princes nasrides, présente sur tous les murs de l’Alhambra de Grenade en Espagne. Cette phrase est passé à la postérité avec Mohammed Ier al-Ghâlib ben al-Ahmar qui en hérita le surnom.


La devise nasride لا غالب إلا الله  Wa-lā gāliba illā-Allāh, qui signifie : « Et il n’y a de vainqueur qu’Allah » , n’est pas une citation coranique mais selon des sources andalouses, elle était inscrite sur l’étendard blanc porté par le troisième calife almohade Ya’qub al-Mansur dans la bataille d’Alarcos en 1195.  Plus tard, elle est reprise par Mohammed al-Ahmar comme emblème de la dynastie qu’il fonde, marquant ainsi tout l’intérêt de lier son état naissant avec l’empire almohade expiré.

Selon les cheroniques , on rapporte que Mohammed Ier parvint à la cité de Grenade après avoir bataillé suite à la défaite almohade de Las Navas de Tolosa. La foule en liesse qui l’accueilla criant «Vainqueur, vainqueur ! » ce à quoi il répondit : «Et Il n’y a aucun vainqueur sinon Allah »

Lorsque ce dernier prit la cité de Grenade, il prononça cette phrase s’en remettant à Allah pour ce haut fait ; la dynastie commençait. Le fondateur des Nasrides aurait ainsi exprimé sa gratitude et le mérite de sa victoire (la prise de Grenade) revenant à Allah ta’ala Seul. Il adopte alors le titre honorifique de al-Ghalib bi-llah (le Vainqueur par la grâce de Dieu), avec lequel il est acclamé à Grenade en mai 1238 .

Le code héraldique s’inscrit dans la tradition des royaumes chrétiens de l’Europe de l’Ouest, et rares sont les exemples d’adoption d’emblèmes par les sociétés musulmanes ou celles d’Europe Orientale, sous influence byzantine. Pour cette raison, le blason du royaume nasride de Grenade est un exemple exceptionel de l’auto-représentation d’une communauté grâce à des concepts nouveaux issus de métissages culturels. L’émirat de Grenade est vasal du royaume de Castille dès sa fondation et pendant ses deux siècles d’existence. Il paye chaque année à ce titre un lourd tribut. La création d’un blason sur le modèle des royaumes chrétiens frontaliers menaçant de finir la Reconquista peut être interprétée comme une forme de légitimation de la souveraineté autonome.

Bien que la phrase Seul Dieu est vainqueur n’apparaît pas dans le Coran, elle évoque la parole divine et des phrases du livre sacré, ainsi que le début de la profession de foi La ilaha illa Allah (il n’y a pas d’autre Dieu qu’Allah ), que l’on accouple souvent à la devise, comme dans le drapeau almohade, dans les monnaies ou dans les inscriptions murales. Elle peut être considéré comme une formule pieuse, évoquant le principe coranique ‘fondamental de l’Unicité et l’exclusive Prévalence divines, tahwid.
La devise s’appuie en outre sur un des noms de Dieu, al-Ghalib (Coran, 12, 21), dont le sens peut être traduit par le Vainqueur ou le Triomphant, donnant un sens sacré à l’expression.
Le blason apparait de nombreuses fois sur les murs des palais de l’Alhambra. Parfois simplement la forme d’un écu stylisé est représenté au sein d’un décor végétal. Il peut alors être accompagné de quatre cartourches reprenant la devise nasride. Plus rarement, mais tout de même assez régulièrement, le blason contient la bande et la devise de la dynastie grenadine.


La diversité des décorations portant cette inscription illustre la maturité des styles calligraphiques arabes. La majorité des représentations correspond au style coufique sur stuc, fleuri de décorations épigraphiques.

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